Quelques réflexions sur la responsabilité de protéger
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Les années 90 ont été le théâtre de catastrophes humanitaires tragiques. Les réponses de la communauté internationale, notamment au travers du droit d’ingérence, ont été insuffisantes. En partant de ce constat, le Canada a mis en place en septembre 2000 la Commission internationale de l’intervention et de la souveraineté des Etats qui a réfléchi aux moyens de légitimer les interventions pour motifs humanitaires. Ses réflexions ont mené à la création du concept de la responsabilité de protéger qui pose pour principe la possibilité d’une action coercitive, pouvant aller jusqu’à l’intervention militaire, de la communauté internationale contre un Etat afin de protéger les populations courant un risque. La nouveauté de ce concept oblige à s’interroger sur la justification de cette responsabilité, sur son champ d’application et sur la manière dont elle sera mise en œuvre. Ces questions sont nécessaires afin de déterminer si ce nouveau concept constitue une panacée, un début de réponse à la souffrance des populations civiles ou si au contraire in n’est qu’un concept juridique supplémentaire non opératif. La responsabilité de protéger introduit, en toute hypothèse, une réflexion sur la responsabilité de protection au niveau mondiale en effectuant une sorte de redistribution et de partage de celle-ci. Se pose dès lors la question du rôle de l’Etat et de la communauté internationale dans la gestion de la sécurité humaine. Question à laquelle tente de répondre le concept de la responsabilité de protéger.

